

Je suis artiste et scénographe. Mon travail s’est construit à la croisée des arts plastiques et de la scénographie, notamment au Pavillon Bosio, à la Haute École des Arts du Rhin et à l’Université Paris 8. Durant ces années, j’ai exploré différents médiums de construction d’images (dessin, photographie...) et d’espaces (installation, son, lumière...). La gravure n'est pas encore là.
Ce qui m’occupait déjà, en revanche, c’était la manière dont une forme ou une présence organise la perception et la notion de paysage.
La scénographie est mon premier terrain d’expérimentation. J’y apprends à penser l’espace comme une structure sensible : un environnement qui agit sur les corps, rythme les déplacements et conditionne l’attention. Pour moi, la scénographie n’est pas un décor, mais une présence active, modulable, un partenaire de jeu. Les vides, les tensions, les lignes invisibles qui traversent le plateau deviennent des matières à part entière qui relient, isolent, révèlent.
Je travaille actuellement avec des compagnies de théâtre, de danse et de marionnette et depuis 2022, je suis à la co-direction artistique de la compagnie Les Insensées, compagnie de danse rémoise.
La gravure est venue plus tard, en autodidacte, comme un prolongement intime de ces recherches. La linogravure m’offre un rapport direct à la matière : creuser, retirer, laisser émerger la lumière depuis la surface. Le geste est soustractif ; l’image naît de ce qui manque.
Là où la photographie m'apparaît comme un outil de prélèvement sensible du réel, la gravure me permet d'en explorer les textures, les strates, les traces.
Le paysage traverse mon travail depuis toujours, mais il n’est ni spectaculaire ni héroïque. Il est fragmentaire, traversé de flux et de lignes qui orientent le regard. L’échelle y reste volontairement ambiguë : le paysage n’est pas géographique, il est sensible et presque chorégraphique. Habiter le monde devient alors une affaire de circulations. Il ne s’agit pas d’occuper l’espace, mais de l’éprouver.
Aujourd’hui, je vois la gravure et la scénographie comme deux échelles d’un même travail. La gravure est un espace concentré, où le regard s’approche. La scène, elle, est un espace partagé, où les corps habitent ce qui, sur le papier, était encore abstrait.
Démarche artistique


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